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31/07/2012

Reportage : récit d'une pêche


News Psm

Il y a des sorties qui ne ressemblent pas à d'autres...Jean-Luc CASARES nous raconte la sienne et nous fait découvrir d'autres horizons. En route pour la Guinée-Conakry. Un voyage pas comme les autres...

 

Il y a 5 ans en octobre 2006, je me suis rendu en Guinée Bissau pratiquer la pêche à la ligne et la chasse sous-marine. J'y ai rencontré un homme qui m'a vraiment aidé sur place. Je lui avais promis qu'un jour j'irais le voir en Guinée-Conakry et en profiter, par la même, pour faire de la chasse sous-marine.

L'année dernière j'ai fait la connaissance d'un chasseur, Laurent LASSAGNE, ayant déjà eu "l'expérience" de la Guinée Conakry, et de là nous avons organisé ce voyage.

 

Pendant quelques mois, je me suis préparé pour que tout se passe au mieux, au point de vue matériel sur place (je tiens à remercier les peronnes qui m'ont aidé au niveau de mes choix, la société Chassesousmarine.net (SportMed La Garde), le Président de Teak Sea, Angelo GERMIDIS, et ses ambassadeurs ainsi qu'Absolute blue et Sportcam.

 

Nous voilà parti...

Le voyage : L'accueil du personnel Air France à l'aéroport de Toulon fut particulièrement compréhensif pour deux individus chargés de bagages un peu "hors normes". Dans l'avion qui nous amena à Conakry, l'équipage nous reçus comme des hôtes de marques, peut-être dubitatif de nous voir partir 10 jours dans un lieu aussi reculé. Leur accueil fût particulièrement chaleureux et agréable, nous les en remercions sincèrement.

 

L'arrivée en Guinée :

Nous avions décidé de loger à la villa Elijah, spécialisée dans la chasse sous-marine.

Un membre du personnel de la villa nous attendait à l'aéroport afin de nous accompagner à l'hôtel des Jardins de Guinée, dans la capitale. Nous y passons une nuit et repartons aussitôt le lendemain matin.

 

Du port de Guinée, direction l'île Roum. L'arrivée à la villa était agréable, un accueil chaleureux des guinéens, une magnifique vue sur la mer et les îles, la villa est des plus spacieuse.

Personnellement je préfère loger dans une villa que dans un bungalow comme certains voisins de l'île Room, et l'accueil, les ventilateurs à disposition convient tout à fait à mes attentes. Tous les matins le plaisir de la vue du lever de soleil depuis la terrasse... C'est sûr, j'y retournerais.

Amara, notre guide de pêche vit à proximité, très important pour l'organisation. L'île est belle, et on peut en faire le tour à pieds, c'est vraiment agréable.

Roum

Arrivé, on ne perd pas de temps, on commence à s'équiper et à prendre notre matériel.

On avait qu'une hâte c'est d'être dans l'eau. Très vite sur une épave, les fusils chargés, il y avait d'autres chasseurs guinéens, première apnée, une carangue se présente, je tire, elle se décroche, je redescends pareil pour un barracuda, les pointes détachables ne sont pas efficace, je change de flèches.

Il nous fallu 1h30 avant de s'adapter à l'eau trouble, imaginez vous dans le ciel, la lumière au dessus des nuages gris et vous en dessous, vous regardez en haut c'est jaune foncé et en bas laiteux et impossible de savoir ce qu'il y a, c'est obscure, glauque, qu'est ce que je fais ici vraiment ?

 

La peur et les signaux du corps vous disent qu'il faut remonter. En attendant, Laurent sort son premier poisson avec son Rob Allen, un magnifique barracuda de 8 kg, environ. De mon côté je n'étais pas très à l'aise dans cette eau et je m'accroche sur la bouée mise comme repère de signalisation, afin de ne pas lutter contre le courant et me concentre sur mes apnées ainsi que sur ce que je dois faire. Me fondre dans le milieu, m'habituer à cet environnement, un peu de sophrologie et technique de ventilation m'aide à être à l'aise.

Puis contrôlant mes émotions je commence à déscendre et à tirer carangue, barracuda, le moulinet se déroule très vite, l'excitation est bien là.

La chasse vient de commencer !

Laurent, lui, me sort aussi un petit tazard.

Pour la première journée environ 30 kg de poisson. C'était une journée d'adaptation à l'environnement, c'est important d'apprendre à connaître l'équipement et le milieu marin quand on n'en a pas l'habitude.

Tout le monde en est capable...ou presque.

Carangue

2ème jour :

Nuit chaude, réveil à 7h30 avec les bruits des vagues.Petit déjeuner face à la mer, 2 bananes 2 tartines au fruits et c'est parti.

A savoir qu'en Guinée la mer est plus claire le matin que l'après midi, alors nous avions décidé de chasser uniquement le matin afin d'avoir nos après midi tranquille.

Nous avions pris la décision de retourner sur la même épave.

Le guide de pêche nous a installé une canne à pêche à la traîne, derrière notre embarcation, et nous avions sortie 2 beaux barracudas. Le trajet semble tout de suite moins long.

Arrivée à l'épave, effectivement l'eau est plus claire et les poissons sont au rendez-vous. Avec le nouveau matériel, j'observe Laurent tirer un barracuda avec l'Azimuth 120.

A 2 mètres, au dessus de lui je peux suivre la scène, sans problème. La rapidité du tir, la portée et la puissance de cette arbalète est vraiment impressionnante. Le barracuda a été séché net. Le choc a été terrible. On voit vraiment la différence entre le carbone et un fusil bois.

Je décide d'aller plus profond, soit à 12 m, équipé de l'Azimuth 120, et je tire une belle carpe rouge de 10 kg environ. Je la tire rapidement vers la surface pour éviter qu'elle se dirige dans les blocs d'épave, manque de chance, elle s'accroche dans un morceau de filet de chalutier qui se trouve à 16 m. Le sort s'acharne car Laurent descend la doubler, la rate, et tire dans le filet. Imaginez la situation, 2 flèches, un poisson accroché dans un filet de pêche dans une eau plutôt trouble.

Je descend alors avec un couteau à la main, aidé de Laurent qui tend au maximum le fil des arbalètes afin d'être bien à la verticale du poisson. Je coupe le fil et décroche la flèche du Rob Allen. Un retour surface et 3 minutes plus tard, je coupe carrément 2 cordes du filet et je remonte avec la carpe rouge, ainsi que la flèche. Tout le monde est bien content à la surface, le poisson et le matériel est "sauvé".

La chasse est terminée, séance photo sur la plage de Roume, avec un magnifique barracuda de 18 kg pour ce jour là.

 

barracuda

Petite balade à la rencontre d'un chanteur de reggae local et du repos bien mérité. Il est sûr qu'après cette journée, nous avions bien mangé.

 

3ème jour :

Direction une grande épave au large à 21 kms de Roume.

Le trajet paisible, mer calme, dauphins croisés sur la route... Un bon présage. Arrivée sur place, nous observons des plaques d'algues de plusieurs centaines de mètres carrés à la surface s'était inquiétant. On se met à l'eau, c'est noir en dessous. Je fais une apnée, rien. Pas de vie. Nous allons donc sur une épave non loin et là magique plein de barracudas nous y attendent. C'est la journée des "barra" !

Nous en avons fait plus de 120 kg. Laurent en sort un de 15 kg.

Je décide ce jour là de me familiariser pendant 2h avec l'Azimuth 120 dans des conditions de courant assez fort et de mauvaise visibilité. Il en ressort que c'est un fusil maniable, je n'ai pas eu de sensation de fatigue, ni dans le poignet ni dans le bras. Je suis également équipé de palmes carbone Imersion Free Diving Spirit de Stéphane Mifsud. Tandis que les premiers jours je plongeais avec des Beuchat Carbone. Je tiens à préciser, que dans de telles conditions de courant, le carbone est vraiment un régal.Pas de sensation de fatigue, certes il faut faire attention dans la pirogue car encombrantes et fragiles, mais comme tout le matériel, il faut être vigilants.

Cette journée était exceptionnelle, je n'ai jamais vu d'aussi gros barracuda !

pêche

A la fin de Chaque journée, les poissons sont distribués au village, ce qui rend les familles heureuses car le pays est très pauvre.

 

4ème jour :

Direction Ilot Corail. Il n'y avait pas grand chose à chasser mais de voir les fonds rocheux et les poissons coraliens était fort appréciable.

Pour la première fois je vois même une méduse géante. Le corps doit faire à peine un mètre de diamètre mais les filaments en font pas moins de 5.

Une myriade de petits poissons forme une sarabande colorée, tout autour d'elle. Encore une belle journée avec 50 kg de poissons à la clef tout de même.

 

5ème jour :

Laurent décide de prendre une journée de repos. De mon côté, je pars donc chasser tout de même 4 heures en mer accompagné de mon guide.

Il y avait encore des barracudas et je me concentre uniquement sur les plus gros. L'eau toujours égale à elle même. Une bonne visibilité à la surface, rien au fond, mais à 30 degrés on ne se plein pas. 6 barracudas dont un plus gros de 21 kg et le plus petit de 10 kg sont chassés avec un Quattro carbone de H. Dessault.

Encore de beaux combats car le plus lourd a réussi à dérouler 40m sur le moulinet.

6ème jour :

Réveil matinal à 6 h. Laurent et moi même repartons à l'aventure.

Comme à son habitude, Laurent ne se réveille vraiment qu'après 30 min de pirogue (rire). Nous allons sur le site de "Pout" qui est une épave gisant par 18 m.

Le temps y est ensoleillé et la mer claire. Nous apercevons les restant du pont autour de -12m. Mise à l'eau et dès la première plongée, 2 barracudas ! Laurent tire...j'enchaîne quelques minutes plus tard. Et de nouveau un barracuda se reflète dans nos masques. Concentration et "Pan". Légèrement derrière la tête, la bête de 9 kg ne se débat pratiquement pas.

 

Soudain, après une apnée à 8 m pour Laurent, avec un Rob Allen 130, il remonte doucement en scrutant tout autour de lui. Un regard sur le fond et il aperçoit une masse grise qui semble suivre ses palmes. Effectuant une pirouette pour se replacer tête en bas, il découvre un Kobia faisant de même dans l'espoir de regagner ses profondeurs. Le tir fuse immédiatement. Dans la seconde qui suit, son bras "se rallonge de 10 cm". Le départ est fulgurant. Il reprend 2 m de profondeur. Il stoppe, palme à pleine puissance pour retrouver la surface. Le Kobia semble le suivre mais continue sa traction à la surface.

Laurent hurle de venir l'aider. Il se positionne pour un deuxième tir. A ce moment, vers 4 m, le Kobia fonce sur lui et le percute fortement. Il est légèrement sonné. Le stress est monté d'un cran subitement. Le chasseur devient chassé... Dans le choc, il a raté sa cible et perdu sa ceinture de plomb. Notre pirogue qui suit la scène se place à nos côtés. Ibrahim, notre guide, nous passe un 3ème fusil, l'Azimuth 120 avec la flèche Trygons de 8mm. Le prenant en main pendant que le Kobia s'entortille avec les fils des deux fusils, car bien sûr il n'a pas stoppé une seule seconde et poursuit sa lutte avec le même acharnement et envie de vivre. Jean Luc replonge et enfin lui donne le coup de grâce en lui décochant une flèche à la base de la tête.

La bête est superbe. Elle pèse 28 kg. C'est la plus belle pièce de Laurent et de surcroît nous l'avons faite à deux. Moment magique de pêche et d'amitié...

 

7ème jour :

Aujourd'hui, journée assez particulière, nous avons décidé de chasser sur la côte des îles et non en pleine mer.

A peine mis à l'eau, que j'aperçois au loin à la surface, un orphie "mutant". Les orphies, en méditerranée, sont plutôt de petite taille par rapport à ici, mais là... il est énorme ! Prudemment, je m'approche, tout en filmant avec ma caméra étanche, et j'ajuste mon tir.

Le sandow claque, la bête démarre ! Elle me déroule plusieurs mètres de mon moulinet, c'est tout bêtement impressionnant. L'orphie pèsera à lui seul 8 kg. Halluciant !

Les poissons du secteur y sont magnifiques, il y a une infinité de couleurs avec de nombreux poissons de coraux, de gros corbs, et bien d'autres encore.

Au loin, une carangue inox, magnifique, s'approche à contre courant. Doucement nous nous rapprochons l'un de l'autre. Soudain, je fais feu et elle démarre en trombe. 15 minutes plus tard, elle se retrouve dans le bateau. A la balance, elle affiche un beau poids de 13 kg.

La chance continue transuillement en changeant de coin. Laurent qui sort une liche impressionnante. Et, de mon côté, j'enchaîne apnées sur apnées.

Plusieurs belles carangues plus tard, je rate, pourtant à bout portant, une carpe rouge. Comme quoi tout n'est jamais gagné d'avance.

On rechange d'endroit en longeant les îles, et là encore une carangue inox de 13 kg. La chasse continue tranquillement en ratant toujours toutes les carpes rouge (rires).

Une heure plus tard, une autre carangue inox me tracte intégralement sur 10 m mais elle aussi finira au fond de la pirogue.

Au sujet de notre fort sympathique guide de pêche :

Monsieur Amara est vraiment extraordinaire ! D'une gentillesse, et son travail est sa passion. Il connaît très bien le milieu marin ainsi que le matériel de chasse. Un guide attentionné, et très pro dans son attitude.

Pendant le séjour, nous avons pu observer d'autres guides de pêche (sur d'autres embarcations)...

 

Ce n'était pas optimal au niveau de l'organisation, car par exemple, pour 2 clients il y avait 4 guides dans la pirogue. Dans l'eau cela faisait 6... Et là bas comme ici, plus on est de fous dans l'eau...moins il y a de poissons.

Partir à deux ou trois nous semble la meilleure solution pour profiter de ces lieux incroyables de pêches et pouvoir se faire vraimant plaisir.

 

Jean-Luc CASARES

 

Toutes les photos.


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