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16/07/2014

Rencontre avec Guillaume Néry, sa vision de l'apnée.


News Apnée

Compétiteur, recordman, élément moteur et visionnaire, Guillaume Néry a choisi il y a quelques années de délaisser un peu les compétitions pour se consacrer à un aspect plus visuel de l'apnée.Le succés n'a pas tardé à venir et c'est en véritable représentant de l'apnée moderne que nous voulions faire un point avec lui sur sa vision de l'apnée en général.

 

Guillaume Nery par l'équipe

Guillaume Nery par Franck Seguin

 

1 - La présentation psmcafe : nom, prénom, âge, job et signe particulier :

NERY Guillaume, 32 ans le 11 juillet... aujourd'hui quoi! Mon métier est de vivre de tout ce qui a un rapport de près ou de loin avec l'apnée. Signe particulier :?

 

 

2 - On t'a croisé il y a quelques semaines à Nice lors du championnat de France FFESSM, alors les compétitions ça ne te manquent pas trop ? Un retour de Guillaume Néry de prévu ? :

Cela faisait 14 ans que chaque saison était rythmée par la routine entrainement-compétitions. C'est une aventure merveilleuse mais très prenante si on veut faire les choses bien. Depuis quelques années, j'ai envie de développer d'autres projets en parallèle et ressent une certaine forme de frustration car il est difficile de les mener de front avec la compétition. J'ai donc opté pour une forme d'alternance. Une année off, une année compétition. Je serais donc de retour en 2015. J'essaye de garder une base d'entrainement même si c'est pas évident. La compétition en elle même ne me manque pas tant que ça, j'avais vraiment besoin de souffler. C'est plutôt tout l'engagement autour, les entraînements quotidiens tournés vers un objectif, ce sentiment de préparer dans le détail le corps et le mental pour plonger dans l'inconnu. Oui, ça ça me manque!

 

 

3 - Parallèlement on te voit de plus en plus en vidéos, est ce que ça a changé ton quotidien ? :

Cette année a été assez chargée médiatiquement avec la sortie presque simultanée de mon livre "Profondeurs" et de notre film Narcose. Pendant 3 mois, j'ai vécu dans les hôtels et aéroports. Une dizaine d'AR sur Paris, Ibiza, la Norvège, la Sicile, la Grèce, le Mexique, la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche... C'est extraordinaire et à la fois épuisant. Ce sont des phases, et je vis chaque moment pleinement! Bien content quand même d'avoir 2 mois chez moi à Nice pour plonger dans ma rade de Villefranche et pour profiter de ma famille.

 

 

 

 

4 - On avait suivi l'explosion et le succès incroyable de FreeFall, comment l'as tu vécu ou plutôt l'avez vous vécu ? :

C'était aussi incroyable qu'inattendu. Quand on a tourné et monté ces images, on avait conscience d'avoir quelque chose de rare et de nouveau entre les mains. Nous savions que dans le petit monde de la plongée, nous allions avoir des bons retours. Par contre prévoir que les images fassent le tour du monde et soient reprises par le grand public, c'était inimaginable! C'est bien sur une grande fierté pour nous. 4 ans après, on reçoit encore très régulièrement des messages de personnes qui découvrent notre film, nous félicitent ou nous disent avoir commencé l'apnée par la suite. c'est la plus belle récompense pour nous.

5 - Cette fois avec Narcose, vous nous amenez vers des horizons plus surréalistes mais aussi plus intimistes, comment est perçue votre dernière réalisation ?

Nous parlions de ce projet depuis 2 ans, il était attendu dans le monde de l'apnée et de la plongée. L'idée était de passer un cap à tous les niveaux. Après Freefall qui était certes très spectaculaire, mais assez basique en terme de moyens utilisés (Julie à la caméra, en apnée, avec un Canon 5d mark 2), Julie voulait se rapprocher de l'univers du cinéma et elle a réussit son pari : Gros travail d'écriture du scénario et des plans, caméras pros (Red Epic), une équipe complète pour tous les aspects de la réalisation (image, musique, effets sonores, effets spéciaux, post production, montage, étalonnage, mixage...).

 

 

 

 

 

D'un point de vue narratif, l'intention première de Julie était de répondre enfin à une question posée sans cesse: que ressent-on lors d'une plongée profonde. On a voulu faire partager l’expérience physique, mentale, sensorielle, et même métaphysique que je peux vivre dans les abysses. On a choisi de mettre l'accent sur l'état de narcose car c'est un phénomène rencontré à chaque plongée profonde et qui est assez peu partagé finalement. Pourtant c'est une expérience tellement riche, tellement intime! Et pour nous, c'était un moyen de ne se fixer aucune limite et d'aller dans nos délires les plus fous en terme de réalisation sous-marine. Narcose est un peu le partage de notre histoire à tous les 2, au travers de l'ivresse des profondeurs. Au delà de notre histoire personnelle, c'est finalement l'histoire de la vie qui défile, avec ses angoisses, ses joies, ses peurs et ses moments de bonheur!

 

6 - Quel est l'accueil côté public et côté média ?

On était impatient et avions peur aussi de la réaction du public. Cela fait 2 ans que l'on fait du "teasing" autour de ce projet, on voulait tellement le montrer! On avait peur que les gens soient déçus et c'est exactement le contraire qui est arrivé.

 

Guillaume Nery julie Gauthier

 

 

7 - D'autres projets en vue ?

On a tourné cet hiver un autre film, dans le même esprit et format que Freefall. Très court et inédit. Nous le montrerons en avant première au Festival Mondial de l'Image Sous Marine à Marseille, et le diffuserons dans la foulée sur le net ! On a hâte de le partager. On ne vous dit pas le titre, ça dévoilerait trop l'idée principale du film!

 

 

8 - On constate aujourd'hui une vraie et belle reconnaissance de l'apnée par les médias internationaux dans son aspect visuel et esthétique, moins dans son aspect compétition. Qu'en penses tu ?

Depuis Freefall, on voit de plus en plus de jolis films qui tournent sur le net. De mon expérience perso, les médias s'intéressent toujours à l'aspect compétitions-records, car l'aventure des hommes aux frontières des limites humaines fascine et fascinera toujours. Mais il y a un côté rébarbatif et répétitif. Chaque record est finalement identique au précédent avec quelques mètres en plus. Nous avons la chance d'évoluer dans un environnement tellement riche visuellement que le limiter à une simple quête, aussi pure soit elle, de mètres supplémentaires, c'est se priver du potentiel infini du milieu sous-marin à nourrir notre imaginaire et nos fantasmes. C'est ce que nous essayons de partager avec nos voyages, films et photos. Et j'ai de plus en plus de messages du public me demandant d'arrêter la performance et de faire plus de films! Du côté des médias, je garderais toujours en mémoire la réponse d'un responsable de l'Equipe Magazine, journal de référence dans le monde du sport et de la compétition, quand je lui ai proposé de me suivre dans la préparation des championnats du monde il y a 3 ans : "une énième compétition dans le bleu pour aller quelques mètres plus bas? T'as pas un truc plus fun à nous proposer? un autre base jump, une plongée sous glace?"

 

 

 

 

9 - Au final, l'idée n'est elle pas là ? Un recentrage de la pratique plus dans l'aspect fun que dans une pratique intense de type compét ?

Pendant longtemps, apnée a rimé avec records et rien d'autre. Les records ça impressionne 2 minutes et on passe à autre chose. De belles images, des émotions et des sensations, ça peut peut marquer au fer blanc. La compétition doit continuer d'exister. L'exploration et la quête de l'inconnu sont dans l'ADN humain. Par les exploits et records, nous bousculons les barrières et redéfinissons les limites de l'Homme. Dans son aspect fun, nous touchons plus de monde, nous montrons que l'apnée n'est pas réservée qu'à une élite, nous donnons au plus grand nombre envie de reprendre contact avec l'océan, avec l'eau, l'élément de la vie.

 

 

10 Tu as pu voir 2 compét d'apnée sur Nice en l'espace d'un mois avec AIDA et FFESSM, n'est ce pas un peu difficile à comprendre pour le publique ?

Il est certain qu'au final, on a juste envie de parler d'apnée et pas de politique. C'est à Nice que l'apnée moderne est née avec la création de l'AIDA. Si aujourd'hui l'apnée s'est developpée en France et dans le monde et est ce qu'elle est, c'est grâce à une bande de passionnés qui a cru, contre vents et marées, à cette belle aventure. La FFESSM marche dans les traces ouvertes par l'AIDA il y a quelques années, avec le développement des compétitions en profondeur, et c'est tant mieux! Aujourd'hui, il est vraiment temps de passer à autre chose, intelligemment. Je pense qu'il est possible d'envisager d'avancer main dans la main, comme cela a pu se faire dans certains pays. Il y a à l'AIDA tout comme à la FFESSM des gens qui se battent pour que le sport évolue. Unir nos volontés et nos moyens serait le plus grand service rendu au développement de notre sport!

 

 

Nery par Alberto Balbi

Guillaume Nery par Alberto Balbi

 

 

11 - Le mot de la fin :

C'est l'été, l'appel de la mer et des profondeurs devient irrésistible. Oui mais on n'oublie pas la règle de base mais fondamentale : ON NE PLONGE JAMAIS SEUL!

 

 

 

Merci à lui et à bientôt sur les écrans pour de nouvelles aventures ou plus simplement sur les pages de son livre, un incontournable de l'été !

 

 


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